Je lis qu'un aviateur russe s'est fait descendre par l'armée turque.
Par ses incursions répétées dans l'espace aérien turc, l'armée russe faisait de la provocation, montrait ses muscles : un grand classique des situations de tension internationale (et des James Bond). Et elle a pris en retour un coup violent. Avec hélas un mort, semble-t-il à cette heure.
Il est lamentable que l'on s'entretue entre démocraties… qui ne sont pas en guerre entre elles.
Il faudrait, contre "l'État Islamique" apocalyptico-suicidaire, une coalition réellement internationale, dans laquelle on ne se tirerait pas dessus entre non-suicidaires !
Mais ça ne se décrète pas par le seul rapport de forces.
Il me semble que, tant que les États engagés en Syrie et en Irak ne se décideront pas à s'en remettre à l'ONU, au droit international, comme point de convergence de leurs efforts, les tensions entre ces États saperont l'effort de guerre, et donneront au terrorisme toutes opportunités de proliférer.
Alors : continuer à montrer ses muscles, à "frapper dur" depuis les airs, à faire le beau devant les caméras…
… ou mettre son casque bleu et monter en ligne ensemble, pour mettre fin à cet "État" terroriste ?

ONU oui bien sûr, sauf que ça signifie pas d'action avant un bout de temps (ça fait déjà des années que ça traîne) et surtout on regarde le massacre des populations civiles sans rien faire (cf ex-Yougoslavie.)
Ma conclusion : nous n'avons pas d'organe international pour traiter le cas présent...
@ jbl : une décision ONUsienne peut être très rapide et efficace (comme dans le cas des armes chimiques syriennes) dès lors qu'il y a un terrain d'entente possible entre les 5 membres avec droit de veto. Ce n'était pas le cas en ex-Yougoslavie, et ce n'était pas le cas concernant la Syrie jusqu'à ces deux derniers mois.
Il me semble que c'est maintenant possible ; qu'il y a effectivement des décisions qui peuvent être prises, et une intervention militaire possible, contre "L'Etat islamique" et pour protéger la vie des millions de personnes qu'il menace ou qui sont déjà sous son emprise, ceci d'un commun accord entre les 5 (et bien d'autres).
Sans pour autant que les objectifs politiques propres à chacun des 5, soient poursuivis. Mais sont-ils atteignables ? Si chacun tient à sa propre politique syro-irakienne, on risque surtout d'envoyer nos soldats s'ensabler, au pire s'entretuer, et laisser les terroristes en rire. Et recruter de plus belle. Et multiplier leurs attaques chez les uns avec l'aide tacite des autres, et réciproquement. C'est du moins mon inquiétude.
Est-ce que les russes ont vraiment violé l'espace aérien turc ou est-ce que les turcs ont volontairement frappé cet avion russe qui défendait le clan de Bashar Al-Assad ? Malheureusement il y a fort a parier que nous ne connaîtrons jamais le fin mot de l'histoire, cependant ce qui est certain, dans un cas comme dans l'autre, c'est que ce conflit est bien plus complexe qu'il y parait. Aujourd'hui, cette situation doit être clarifiée en urgence pour éviter un conflit entre la Russie et l'OTAN (dont la France fait partie).
@Fred
Le sujet, c'est plutôt de savoir si la Turquie reste dans l'OTAN.
Cette adhésion remonte à 1952 quand les Etats-Unis voulaient contrebalancer les avancées de l'URSS et de ses alliés en Europe de l'Est et aussi en Extrême-Orient. Le but était que la mer Méditerrannée reste du côté Ouest.
La situation a changé. Le plus grand agresseur de l'Occident est l'extrémisme dit musulman, et non le communisme ou le panslavisme (même si ..). La Turquie de Erdogan n'a pas un comportement clair vis à vis de ce dit islamisme. Ils promettent des frappes contre DAECH en apparence, et achètent leur pétrole par derrière.
Il faut laisser travailler les diplomates (notamment les américains, que les turcs ont toujours plus respectés plus que les européens). Ne pas oublier que c'est la France qui demande assistance à la Turquie et aux autres membres de l'OTAN contre Daesh. Si la Turquie combat la Russie qui aide la France contre Daech, ils sont hors des clauses de l'OTAN et peuvent être exclus.
Bon. Pour les politiciens de l'OTAN, cela donne cela
http://www.nato.int/cps/fr/natohq/n...
http://www.nato.int/cps/fr/natohq/o...
On évite de parler du problème Erdogan. Il ne faut pas forcément mettre les pieds dans le plat, mais cela ne va pas régler les opération de l'OTAN et de la Russie en Syrie.
@ Fred Jutan, XS : Nous sommes d'accord, la Turquie mène un double jeu (elle tente de s'accrocher à sa doctrine diplomatique des années 2000, "aucun ennemi"… de façon finalement paradoxale !). Et descendre un avion russe n'est pas montrer une grande solidarité vis-à-vis de cet allié potentiel.
Mais la Russie n'est pas membre de l'OTAN (ça se saurait) et soutient directement le régime de Bachar el-Assad, dont les crimes contre l'humanité sont hélas bien connus et se poursuivent (même s'ils n'ont pas été officiellement déclarés tels par la communauté internationale).
Au total, il est tout à fait logique que la Turquie ne considère pas la Russie comme un allié. Et que nous ne considérions pas la Turquie comme un allié. Et que nous ne considérions pas la Russie comme un allié. Et réciproquement…
Ce qui est le point, à mon avis : si chaque pays poursuit en Syrie, par des actions de guerre, sa propre politique extérieure, il y peu d'espoir d'éteindre ce foyer de terrorisme : au contraire.
cf Le Monde 10/10 http://www.lemonde.fr/international...
L'un des problèmes est que la destruction de l'EI ne résout pas les autres oppositions. Donc à court terme, on peut imaginer que les "alliés" vont lutter contre l'EI, tout en essayant de gagner du terrain par rapport aux autres.
Sauf erreur de ma part, l'ONU et sa force armée les casques bleus, ont toujours eu pour rôle de séparer les belligérants entre eux
Actuellement les démocraties même si on peut s'interroger sur la Turquie et la Russie de Poutine en tant que réelles démocraties, mènent une lutte armée contre l'intégrisme et l'obscurantisme.
Je pense que c'est plutôt aux forces armées dont celles de notre pays de défendre notre démocratie.
@ XS : je le comprends bien comme ça, mais lutter dans le désordre contre une armée de suicidaires aux complicités internationales, c'est prendre tous les moyens d'échouer.
@ Bernard : aux termes du Chapitre VII (imposition de la paix), l'ONU peut imposer toutes mesures visant à restaurer la paix sur un territoire. Par exemple monter une coalition contre un État agresseur : c'était le cas contre la Corée du Nord (guerre de Corée : résolution 83 du 27 juin 1950). Ou valider juridiquement une coalition montée par plusieurs États contre un autre : c'était le cas lors de la 1ère guerre du Golfe (résolution 678 du 29 novembre 1990).
Le point essentiel, c'est que la pacification du territoire syrien et irakien actuellement occupé par "l'E.I." ou sous sa menace immédiate, pour qu'il ne soit plus l'organisateur d'attentats terroristes dans le monde, dépasse les compétences françaises, ou russe, ou américaine, à la fois au sens juridique et au sens pratique. En fait, le Conseil de Sécurité est la seule instance capable d'organiser cela avec de bonnes chances de succès ; sous réserve que les États-Unis et les autres puissances qui interviennent actuellement, acceptent de se ranger sous son autorité.
@ Frédéric
Tu dis que l'ONU peut monter une coalition contre un État agresseur ou valider juridiquement une coalition montée par plusieurs États contre un autre.
Sauf que dans le cas présent, DAESH s'est auto proclamé califat et surtout qu'aucun pays membre de l'ONU n'a reconnu l'Etat Islamique comme Etat souverain.
Quel "+" apporterait alors l'ONU ?
Il est vrai toutefois que je ne sais plus trés bien qui combat qui, sans compter les Kurdes qui combattent DAESH au sol mais qu'on refuse d'armer car considérés eux aussi comme des groupes terroristes.
Tout celà est bien sur profitable à DAESH et dans une moindre mesure à Bachar el-Assad puisque la Russie l'aide à se débarrasser des Islamistes qui sont sur le territoire de la Syrie.
On est très loin d'une vrai paix au Moyen Orient.