"Des participants" au Cercle de silence de Cergy nous ont écrit, comme aux autres candidats, la lettre suivante : 
Les questions du droit des étrangers, de la relation entre la France et les pays d'origine de l'immigration, sont sensibles. En fait, les enquêtes d'opinion montrent que c'est le sujet le plus sensible, le plus source de tensions entre Français, avant même la question du nucléaire — sans parler du débat droite-gauche, presque anecdotique. Alors les partis extrémistes en font leur combat symbolique. Le FN comme la "gauche de la gauche" essayent de faire croire aux Français qu'il faudrait être "pour" ou "contre" les étrangers sans papiers ou en situation illégale. Et c'est exactement cette tension qui conduit la politique française, l'Administration française à l'échec.
Nous voulons que ça change. Voici donc notre réponse aux deux auteurs de la lettre.
Messieurs,
L’activité des Cercles de Silence, en faveur des droits des étrangers en France, rappelle qu’au-dessus des lois nationales, se trouvent des valeurs humaines universelles.
Le respect de l’égale dignité de chaque personne est l’essence même de la démocratie comme système politique. Défendre en France les droits de chaque personne, c’est défendre la démocratie française.
C’est cette même démocratie qui permet le vote des lois, en particulier celles sur le contrôle des frontières, l’immigration et le séjour des étrangers. Malheureusement, sur ce sujet, les lois se multiplient dans l’improvisation et le désordre ; une prétendue « logique de résultat » se résume à l’affichage de chiffres, sans que les gouvernements se préoccupent de leurs résultats effectifs. C’est considérer l’immigration à travers son reflet à la télévision, alors qu’il s’agit de femmes et d’hommes, de nos villes et de nos sociétés.
Cette façon de gouverner est à la fois inefficace et humiliante. Nous devons réagir.
Vous nous interpellez sur deux sujets précis.
L’aide publique au développement : le gouvernement précédent a tenté de lier son aide publique au développement, avec un contrôle accru des migrations. Bien évidemment, deux États peuvent évoquer ensemble, dans leur relation diplomatique, tous les sujets qui les concernent. Mais il est aberrant de faire dépendre une aide destinée aux plus pauvres, du plus ou moins bon fonctionnement d’un système policier.
La façon dont l’Administration française gère la situation des étrangers demandeurs d’asile, ou en situation irrégulière : procédures administratives toujours plus longues et plus compliquées, situations humiliantes, parfois sans fondement légal. Et après une année ou deux, parfois plus, de procédures kafkaïennes, il devient insensé de reconduire dans leur pays d’origine des dizaines de milliers de personnes qui, pendant ce temps, ont refait leur vie en France.
« Des principes et des mesures respectueuses de la tradition républicaine », « un contrôle sur l’application des lois par les institutions qui en sont chargées », comme vous le demandez, seront à la fois plus humains et plus efficaces. C’est ce que nous défendrons en notre nom et en celui des Argenteuillais et Bezonnais qui nous confieront leur voix.
Frédéric Lefebvre-Naré et Rodia Tété, candidats du Centre pour la France

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